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Belin-Béliet, étape des pèlerins de Saint-Jacques

Sur la voie de Tours depuis le XIIᵉ siècle, Belin fut l'une des haltes les plus courues du chemin. Ce qu'en dit le Guide du pèlerin, ce qu'il reste à voir, et où se ravitailler aujourd'hui.

Chaque année, des marcheurs traversent Belin-Béliet sac au dos, entre Bordeaux et les Landes. Ils suivent la via Turonensis — la voie de Tours, aujourd'hui balisée GR® 655 —, l'une des quatre grandes routes françaises vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Ce n'est pas un itinéraire touristique récemment inventé : Belin est une étape du chemin depuis le XIIᵉ siècle, et l'une des plus célèbres de son temps. Voici pourquoi, et ce que le pèlerin d'aujourd'hui y trouve.

Le Guide du pèlerin faisait de Belin une étape obligée

Vers 1140, le Guide du pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle — cinquième livre du Codex Calixtinus — décrit la route et ses haltes. À Belin, il envoie le marcheur vénérer les corps de compagnons de Charlemagne tombés en Espagne :

  • Olivier, le compagnon de Roland ;
  • Gondebaud, roi de Frise ;
  • Ogier, roi de Dacie ;
  • Arastain, roi de Bretagne ;
  • Garin, duc de Lorraine, et plusieurs autres.

Le Guide précise qu'ils reposent tous dans un même tombeau, ramenés là par leurs compagnons d'armes, et promet des guérisons à qui s'y arrête. Difficile d'imaginer meilleure publicité au XIIᵉ siècle : les héros de La Chanson de Roland, à une journée de marche de Bordeaux.

L'effet est mesurable dans la pierre. Le bourg s'équipe de deux prieurés pour accueillir les pèlerins, et se dote d'une église hors de proportion avec sa taille.

Où l'étape se situe aujourd'hui

Sur les topo-guides actuels, Belin-Béliet se trouve sur la longue étape Le Barp – Le Muret, soit environ 27 kilomètres, dont la commune occupe à peu près le milieu. En amont, l'étape Gradignan – Le Barp (26,5 km) sort de l'agglomération bordelaise ; en aval, la route file vers Labouheyre, Onesse-et-Laharie, puis les Landes et Ostabat.

Concrètement, Belin-Béliet est le point de coupure naturel pour qui ne veut pas enchaîner deux journées de plus de 26 kilomètres — et le dernier bourg réellement équipé avant la traversée de la grande lande.

Ce qu'il y a à voir sur place

  • L'église Saint-Pierre de Mons — XIIᵉ siècle, remaniée au XVᵉ. L'église jacquaire de l'étape, classée monument historique, et l'un des plus beaux édifices des Landes girondines. C'est le témoin direct du passage des pèlerins.
  • La Croix des Pèlerins — l'obélisque qui marque le chemin, également protégé.
  • La fontaine Saint-Clair — fontaine de dévotion, réputée guérisseuse, elle aussi inscrite.
  • La croix de cimetière, protégée au même titre.
  • La butte d'Aliénor — la motte du château de Belin, qui domine encore le bourg. Le château y recevait les rois d'Angleterre entre 1232 et 1343.

Quatre monuments protégés sur une seule commune de la lande : c'est l'empreinte laissée par le chemin.

Se ravitailler et souffler dans le bourg

Après vingt kilomètres de pins, la question est terre à terre. Belin-Béliet est un bourg complet — voici ce que vous y trouverez, parmi les commerces qui soutiennent notre comité des fêtes :

Pensez à vérifier les horaires avant d'arriver : en semaine comme le dimanche, les rythmes d'un bourg de 6 000 habitants ne sont pas ceux d'une ville-étape.

Si votre étape tombe le troisième week-end de septembre

Vous tomberez en pleine fête de la Saint-Maurice. Buvette, repas, concerts, fête foraine, courses à pied : le bourg ne dort pas beaucoup ce week-end-là. Prévenu, c'est une belle halte ; surpris, c'est une nuit courte.

Le programme complet est publié sur ce site, entrée libre pour l'essentiel.

Préparer le passage

Questions fréquentes

Belin-Béliet est-il sur le chemin de Compostelle ?

Oui. La commune est située sur la via Turonensis, la voie de Tours, balisée GR® 655 — l'un des quatre grands itinéraires français vers Saint-Jacques-de-Compostelle. C'est une étape documentée depuis le XIIᵉ siècle.

Quelle est l'étape avant et après Belin-Béliet ?

Les topo-guides découpent le secteur en Le Barp – Le Muret (environ 27 km), avec Belin-Béliet à peu près à mi-parcours. Avant : Gradignan – Le Barp, 26,5 km. Après : Le Muret – Labouheyre, puis Onesse-et-Laharie.

Pourquoi Belin était-il une étape célèbre au Moyen Âge ?

Parce que le Guide du pèlerin (vers 1140) y situait le tombeau commun d'Olivier, compagnon de Roland, et de plusieurs compagnons de Charlemagne, en promettant des guérisons aux visiteurs. Cette réputation a valu au bourg deux prieurés et l'église Saint-Pierre de Mons.

Que voir en une heure d'arrêt ?

L'église Saint-Pierre de Mons (XIIᵉ-XVᵉ), la Croix des Pèlerins, la fontaine Saint-Clair et la butte d'Aliénor — la motte de l'ancien château. Les quatre premiers sont protégés au titre des monuments historiques.

Peut-on se ravitailler à Belin-Béliet ?

Oui, largement : deux boulangeries, une pâtisserie, une boucherie, une fromagerie, un primeur, deux supermarchés, des restaurants et des chambres d'hôtes. C'est le dernier bourg réellement équipé avant la traversée de la grande lande.